Partagez | 
 

 Ma reconnaissance éternelle contre une canne à pêche.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
Amon Raven
avatar

Bellator

Messages : 108

Carte d'identité
Magie: Feu.
Palier de Puissance:
4/20  (4/20)
Métier: Employé au Renard Peinard.
MessageSujet: Ma reconnaissance éternelle contre une canne à pêche.   Mer 15 Juil - 0:28


 Marchant d'un pas lent, je m'avançais dans une atmosphère presque décontractée le long d'une route sinueuse serpentant une plaine quelconque de Tyrinea. Une bonne bouffée d'air frais vînt m'inspirer un tel confort que j'en oublierais presque de rester sur mes gardes. Il faisait bon, c'était indéniable. Un vent doux faisait onduler les feuillages avoisinant, tandis que le soleil, à l'apogée de son règne sur le ciel, émettait une chaleur très plaisante qui émoustillait mon appétence de bivouac.

Les quelques jours de repos qui m'avaient été cédés par la patronne allaient être pleinement mis à profit afin de relâcher au mieux la pression que j'avais accumulée en travaillant. Car au-delà des traitements privilégiés que je me devais d'offrir aux saoûlards et autres sans-le-sou qui fréquentaient notre établissement, c'était la hardeur avec laquelle je me faisais besogner par Gallwynn qui était à l'origine de la majorité de mes courbatures. Il était temps pour elle de me laisser souffler, à moins que son but ne soit de retrouver ma dépouille dans sa cuisine, auquel cas elle avait juste à me garder sous la main quelques jours de plus. Le service et la plonge auraient tôt eu raison de moi.

Pas une pas deux, mais à peine avais-je ouïs la nouvelle de mon congé que je prépara mes affaires dans la hâte et leva le camp à destination d'un endroit où la voix de Gallwynn ne pouvais pas m'atteindre. Peu importait le lieu, tant qu'elle ne pouvait pas me rappeler d'urgence c'était bon. Au final, mon choix se porta sur le Golfe Nord de Tyrinea. Mais, maintenant que j'y pensais, peut-être avais-je eu tord d'aller là ou je ne pouvais pas les garder à l'oeil. Si ça se trouve, la taverne était en ce moment même garni à ras bord de pochards dévalisant nos réserves de rhumes sans bourse délier. Mes cinq sens me hurlaient de faire marche arrière, que je me devais d'être là pour elles ! Mais d'un autre côté, mon instinct de survie me suppliait de m'éloigner ne serait-ce que quelques jours de cet abîme que représentait le Renard Peinard.

Comme alerté par mon incertitude, une présence spirituelle se manifesta en moi.

«- Pauvre fou ! Ne te retourne pas ! Ne te retourne surtout pas ! Seul l'enfer t'attend là-bas, pourquoi voudrais-tu y revenir ?! Continue, avance, cours, fuis !!»

Le regard las que j'arborai en ce moment même était largement suffisant comme réponse face à ce genre d'énoncé. Pas besoin de gaspiller ma salive pour de la volaille. Seulement, je devais au moins lui accorder une chose : Il n'avait pas tort.

Je poussa un soupir d'exaspération qui m'aida à expulser toutes ces stupidités hors de mon esprit. Resserrant ma prise sur le sac en cuivre que je portais par dessus l'épaule, je continuai mon petit bout de chemin en paix. Le regard rivé droit devant moi, je remarqua à ce moment quelques petites maisonnettes qui commençaient à germer dans mon champs de vision, signe que mon voyage arrivait à son terme.

Posant mon regard sur le manteau noir dont j'étais affublé, je m'assura que rien dans mes habits ne risquait de m'attirer la médisance des autochtones. Après quoi, je coiffa ma tête d'une capuche couleur de nuit qui était rattachée à mes vêtement puis décida finalement de laisser mes jambes s'aventurer à l'intérieur du village. Si tout se passait comme prévu, je devrais pouvoir m'approprier du matériel de pêche, utile pour s'occuper les mains, puis me diriger dare-dare vers le point d'eau le plus proche où je pourrais monter une tente et y passer les prochain jours dans le calme et la sérénité. D'ailleurs, heureusement que je l'avais préparé à l'avance celle-là, au cas contraire j'aurais été contraint à me presser avec le reste de la plèbe dans une auberge. Ce qui aurrait été non seulement un énorme gâchis d'argent, mais également l'origine d'une dangereuse exposition aux regards curieux qui risquaient de me causer du tort.

D'un mouvement dissimulé, ma tête se déplaça lentement à gauche puis à droite avant que mes jambes ne s'arrêtent soudainement au centre du village, près de ce qui semblait être un puits. Mon regard se leva alors vers le ciel puis des mots m'échappèrent inconsciemment.

«- Mais, où pourrais-je bien trouver une cannes à pêche...»

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Akali
avatar

Errantia

Messages : 30

Carte d'identité
Magie: /
Palier de Puissance:
1/20  (1/20)
Métier: Ancienne Esclave
MessageSujet: Re: Ma reconnaissance éternelle contre une canne à pêche.   Jeu 16 Juil - 16:15

Je me suis éloignée aussi rapidement que mes jambes me le permettait de la demeure de mon ancien maître, courant à perdre haleine, ne m'arrêtant même pas pour manger ou pour boire, quittant la capitale des Alchiminae en pleine nuit, empruntant pour cela la forme de Amon qui m'a permis de me faufiler à la porte d'entrée sans être vue de quiconque. Il n'a rien dit pendant toute la course, étrangement silencieux, bien que j'eus l'impression d'entendre son léger sifflement qui m'accompagnait à chacun de mes pas, comme si la course le fatiguait lui aussi. Je n'ai pas pris la peine de lui demander ce qu'il pensait de tout cela, je n'en avais pas le temps. Tout ce que je sais, c'est que mon dernier maître est mort et que cette personne qui l'a tué m'a aussi libéré de ce collier et de ces menottes qui entravait mes mouvements depuis plusieurs décennies. Je n'ai même pas regardé l'état de ma peau la ou le fer l'a cisaillé au cours des années, je n'en ai pas pris la peine. Je me fiche d'avoir des cicatrices, si seulement je réussis à m'éloigner suffisamment de l'esclavagisme... Je continue donc de courir, bien après avoir quitté la grande ville, évitant les villages et les caravanes que je vois au loin, ne m'arrêtant pas bien que mes pieds doivent être en sang à force de me transporter sans la moindre chaussure. Tout ce qui importe, c'est que j'ai eu le temps de prendre quelques provisions - fruits, viande séchée et gourde d'eau - avant de quitter la maison de mon ancien maître... Peut-être même qu'ils n'ont pas encore découvert sa mort, avec de la chance.

Dès qu'ils sauront, s'ils savent que j'étais avec lui cette nuit là, ils m'accuseront. Pour une fois que je suis innocente, hors de question de leur donner la joie de me battre, voire plus, je préfère vivre en vagabonde dans la nature, quitte à devoir me battre à main nu avec les poulets raptor s'il le faut !

Le soleil est en train de se lever lorsque je suis forcée de stopper ma course, arrêtée par la plage et la mer qui se déploie jusqu'à l'horizon. Où suis-je exactement ? Si mes souvenirs sont bons je suis partie par la porte sud de Aneava et j'ai pris à peu près la même direction jusqu'à arrivé ici... Cela voudrait donc dire, si mes maigres connaissances cartographiques sont exactes, que j'ai atteins le sud du golfe. Que faire maintenant ? Plusieurs choix s'offrent à moi. Tenter de traverser le golfe par le biais d'un bateau de transport de marchandise, ou le contourner pour rejoindre les terres libres... Et après ?

Je soupire en me rendant compte que je ne sais pas où aller. C'est ici que se trouvaient mes ancêtres, mais je n'ai pas l'impression d'avoir la moindre racine avec cette terre. J'ai été séparée des miens depuis trop longtemps et, de toute façon, notre famille a été décimée... Je ne sais même pas si Lyra est encore en vie ni où elle peut bien se trouver...

Perdue, je décide de me trouver un endroit au calme près de l'eau et j'y panse avec une partie de mon haut mes pieds qui ont, comme prévu, largement soufferts de la course. Ma tenue était déjà bien légère et voilà que j'ai du la raccourcir, mais que puis-je y faire ? De toute façon, la larme sur ma joue est un symbole beaucoup trop voyant, n'importe qui saurait directement que je suis une fille de joie en le voyant et je ne pourrais même pas les contredire... Il vaut donc mieux que je reste éloignée des autres humains. Amon acquiesce à cette dernière pensée et je redresse la tête. J'ai l'impression que cela faisait des jours que nous n'avions pas parlé. Je commence donc à discuter avec lui de la marche à suivre, sans forcément suivre tous ses conseils, et me décide pour une première activité primordiale : pêcher. Mes ressources ne sont pas infinies et le poisson séché est une bonne denrée. Je réfléchis donc à la manière de me faire une canne à pêche, mais me rend rapidement compte que je n'ai pas ce qu'il me faut... J'ai certes une dague que j'ai volée avant de partir, mais rien qui pourrait faire office de fil ou d’hameçon...

J'opte donc pour une lance. Cachant mon petit sac contre le rocher, je garde la dague et m'éloigne de la plage, fouillant avec minutie. Je trouve finalement des bambous et me coupe une longueur suffisante, avant de retourner au bord de l'eau, assise dans le sable, pour attacher la dague au bout de mon bambou. Une lance de fortune, mais mieux que rien. Avec de la chance, j'attraperais quelques poissons avant la nuit...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Amon Raven
avatar

Bellator

Messages : 108

Carte d'identité
Magie: Feu.
Palier de Puissance:
4/20  (4/20)
Métier: Employé au Renard Peinard.
MessageSujet: Re: Ma reconnaissance éternelle contre une canne à pêche.   Dim 19 Juil - 15:32


Qui aurait cru que le fait de vouloir s'approprier une canne à pêche dans un village de pêcheurs se révélerait être un exercice aussi périlleux que cela. Pas que les filets et les petits bouts de bois se soient soudainement raréfiés, non, mais plutôt que leur prix n'était pas aussi abordable que prévu. Pourtant, on n'est ni dans une grande ville ni dans la capital pour que les poissonniers puissent espérer m'extorquer autant d'argent contre une ligne de pêche. Cependant, défiant toute logique, le peu de magasins que j'avais pu rencontrer jusqu'ici avaient tous, sans exception, tentés de me baratiner avec leurs histoires d'inflation causée par la disparition de certains de leurs pêcheurs. Que pouvais-je leurs rétorquer face à cela ? Leurs dire que la disparition d'un homme n'avait aucun lien avec le prix d'un bibelot aurait été impoli, du coup, je ne pus que leur faire part de ma sympathie et les laisser vaquer à leurs occupations. Même si au fond de moi, je ne croyais pas du tout à leurs inepties, pour moi, les chances d'être en plein milieu d'un complot étaient bien plus probables que l'évaporation soudaine d'un groupe de personne.

Je méditais sur le sujet, alors que mes jambes se tenaient à nouveau au même endroit qu'il y a une heure de cela, à quelques pas seulement d'un vieux puits détérioré par le temps. Tout comme la dernière fois où je m'étais retrouvé ici, mon visage était rivé vers le ciel et pareillement qu'auparavant, des mots venaient juste de m'échapper pour la deuxième fois aujourd'hui.

«- C'est peut-être à cause de mon manteau... J'aurais sûrement dû en prendre un plus abimé.»

Lassé par mon interminable recherche de canne à pêche, je finis par me résigner à mon sort et à quitter le patelin en direction du golfe sans avoir mis la main sur l'objet de mes désirs. Après tout, il y avait tellement d'autres choses à faire en étant au bord de la mer. La chasse, notamment. J'avoue ne pas m'être préparé à l'avance et que je n'avais sur moi ni arme ni appât mais, en tant que Bellator, il était de mon devoir d'être capable de m'adapter en toutes circonstances. J'aurais indubitablement été la risée de mes semblables si je ne pouvais pas pratiquer la chasser à main nu.

Motivé par une inspiration renouvelée, mes pas devinrent de plus en plus rapide jusqu'à ce que j'atterrisse devant le grand bleu. L'atmosphère rafraichissante dont mon corps s'imprégnait à ce moment-là était juste parfaite. Le son rythmé que produisaient les vagues, le doux vent qui venait me caresser les joues, tout était là pour me présager une semaine légère, bien au calme, loin de tout casse-tête. Tout, sauf un seul petit détail. Une silhouette dans mon champ de vision venait d'attirer mon attention.

*...Une femme ? ...Qui pêche avec une tige de bambou ? ...Dans une tenue décontractée ? ...Pourquoi ?*

Faisant en sorte de ne pas trop me mêler des affaires des autres, je rabaissa sur mon visage la capuche dont j'étais coiffé puis décida de passer mon chemin le plus discrétement que possible. Mes pas me guidaient lentement mais sûrement loin de la silhouette féminine, tandis que mon regard, lui, était toujours fixé sur son visage.

Un élément encore plus alambiqué que mes précédentes observations venait de me sauter aux yeux, rendant cette scène décalée un peu moins confuse et lui apportant par là-même un début d'explication. Mon corps se figea devant la singularité de ce spectacle pile au moment où une pensée flou surgissait dans mon esprit.

*Cette marque...*

Un sentiment nostalgique me poussa à me tourner dans la direction de la jeune femme puis pas-à-pas, mon corps se déplaçait calmement vers elle sans que je ne ressente le besoin de l'interpeller. Je n'en était pas vraiment conscient à moment-là, mais au vu de mon accoutrement, je n'allais sûrement pas lui laisser la meilleur première impression qui soit.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
PNJ
avatar


Messages : 52
MessageSujet: Re: Ma reconnaissance éternelle contre une canne à pêche.   Lun 3 Aoû - 20:36

Tapi dans l'ombre d'une falaise, j'observe mes nouvelles proies avec amusement. Un vent marin, frais et aux odeurs intéressantes, court le long de ma fourrure. Le ciel est clair, le temps sera clément, les roulements de tambours ne résonneront pas aujourd'hui. Ma première proie est assise au bord de l'eau, tenant une lance artisanale entre ses mains. Son sac est à ses pieds et je devine sans mal qu'il s'agit là de ses seules possessions ; elle ne porte pas assez de tissu sur elle pour avoir autre chose. Quant à l'homme qui se dirige doucement mais sûrement vers elle, les choses sont bien différentes...

Je laisse les deux Eryens s'approcher l'un de l'autre sans me faire repérer. La discrétion même ! Lorsque la femme se lève, je me faufile avec habileté jusqu'à eux et vole sans faire le moindre bruit sa lance et son sac, riant sous cape de mon nouvel exploit. Je range ces biens dans un endroit qu'ils ne trouveront pas et revient vers eux, usant de toutes mes habiletés pour commettre un nouveau méfait, bien plus culotté. L'homme ne remarquera pas ma présence, bien qu'il sentira bien vite que son poids a été lesté. Dans ma cachette trônent désormais des clefs, des affaires de toutes sortes lui appartenant et dont je ne suis pas sûre de l'utilité et sa bourse. Tout ce que j'ai pu trouver à dérober chez cet individu ci. La femelle était bien plus maigre en butin... Mais après tout, tout est question de valeur.

Je ne compte pas partir aussi vite et je leur laisse un présent, bien visible au milieu de la plage : un morceau de toile blanche, que j'ai enduit en partie de boue avant d'y poser mes larcins. Je les aient ensuite retirés, les ramenant dans leur cachette provisoire, avant de contempler le résultat de mes dessins improvisés. Je suis plutôt fier de cette lance blanche qui se dessine dans les impuretés, tout comme ce trousseau de clé.

La partie a commencée.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Akali
avatar

Errantia

Messages : 30

Carte d'identité
Magie: /
Palier de Puissance:
1/20  (1/20)
Métier: Ancienne Esclave
MessageSujet: Re: Ma reconnaissance éternelle contre une canne à pêche.   Sam 8 Aoû - 12:03

Les fesses enfoncées dans le sable chaud, je fixe ma lance artisanale, peu certaine de la marche à suivre. Je n'ai jamais pêché auparavant, jamais on ne me l'aurait autorisé, j'avais bien d'autres choses à faire pour mes maîtres. De plus, on ne peut pas dire que je sois une combattante née, bien que j'ai déjà tué... Mais par d'habiles ruses, pas avec une arme de fer dans la main. Pour autant, apprendre à me battre avec par exemple cette lance artisanale, serait intéressant. Je sens que Amon n'est guère d'accord avec cette dernière pensée, lui préfère largement la sournoiserie ; le venin, les coups bas, se faufiler sans être aperçu... Mais je ne peux pas endosser sans cesse son apparence reptilienne et je n'en ai guère l'envie. Je préfère mon corps d'Eryen, mes bras et mes jambes, ma haute taille et mon apparence en règle générale. Amon dit que c'est parce que je ne suis pas encore habituée à lui et c'est possible ; je n'ai pas eu souvent l'occasion de me détendre sur ma forme de cobra, j'étais toujours surveillée lorsque j'étais enchaînée, que ce soit par les autres esclaves, par mon maître ou par ceux qui travaillaient avec lui. Mais c'est fini tout ça, je suis libre, ou presque. Peut-être devrais-je me brûler la joue pour être sûre de ne pas attirer l'attention... De ne pas l'attirer de cette manière en tout cas... Je soupire en me levant, mettant ces pensées de côté pour revenir sur du plus concret : il faut pêcher pour se nourrir.

- Derrière toi...

La voix sifflante de Amon, qui ne se fait entendre que dans des situations bien précises, m'avertit alors d'un hypothétique danger. Je me retourne aussitôt et me retrouve face à un homme, dont le visage est caché à l'ombre d'une capuche. Je fronce les sourcils, plante la lance dans le sabre (à portée de main, même si je ne saurais pas me battre efficacement avec) et croise les bras, le fixant.

- T'es qui toi ?

La politesse ? Kézako ? Maintenant que je suis libre d'agir et de parler à ma guise, je ne compte pas me gêner. Qu'il ne croie pas pouvoir m'approcher aussi facilement, j'ai ma dignité et, tout comme ma liberté, je compte bien les préserver à partir d'aujourd'hui. Cet inconnu m'a ôté mes fers, un crime grave dans notre société, et je ne compte pas rendre son action vaine. Je tends alors le bras pour reprendre ma lance, histoire d'accentuer ma position... Mais ma main ne rencontre que du vide. Je perds mon air agressif et tourne la tête, haussant les deux sourcils. Elle est tombée ? Je commence à regarder autour de moi mais... Rien, absolument rien. Et mon sac aussi n'est plus là, je peux encore voir la trace qu'il avait laissé dans le sac... Je me tourne alors vers l'inconnu mais il n'a pas bougé d'un centimètre... Comment aurait-il pu... ?

- Où sont mes affaires ? Néanmoins, cela ne m'empêche pas de le questionner...
- J'ai senti comme une autre présence...

Je perds de nouveau mon air farouche, tentant d'en savoir plus. Mais Amon ne m'apprendra rien de plus, il semblerait qu'il n'ait pas eu le temps de comprendre ce qu'il se passait... Je commence à faire quelques pas sur la plage en scrutant tout ce qui m'entoure, lorsque je manque de marcher sur la toile d'un navire, boueux... Au milieu duquel se trouve plusieurs empreintes, dont celle de ma lance.

- Mais qu'est-ce que c'est que ça...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Amon Raven
avatar

Bellator

Messages : 108

Carte d'identité
Magie: Feu.
Palier de Puissance:
4/20  (4/20)
Métier: Employé au Renard Peinard.
MessageSujet: Re: Ma reconnaissance éternelle contre une canne à pêche.   Jeu 13 Aoû - 19:57

Cela faisait maintenant un bon bout de temps que le seul son qui se faisait intercepter par mon ouïe était celui des vagues qui déferlaient continuellement sur la plage. Un rythme harmonieux, qui ne variait que très peu d'une vague à l'autre. C'était là, une tonalité apaisante dont la seule sonorité faisait se détendre mes muscles. Mes pas se faisaient calmes et lents, ma posture restait droite par habitude, tandis que mon regard était posé sur le visage de la jeune femme qui était assise sur le sable à une bonne dizaine de métres en face de moi. Sur sa joue gauche, plus précisément.

De vieux souvenirs surgissaient en moi à cette vision des plus coutumières. Les mémoires d'une époque durant laquelle je vivais non pas pour moi, mais pour quelqu'un d'autre. Pourtant, des esclaves, il y en avait partout, il suffisait juste de lever les yeux pour en voir à la pelle à chaque coin de rue. Seulement, cela ne m'empêchait pas de me voir en cette femme, tout comme je me voyais en chaque personne ayant un jour été dépouillée de sa liberté. Je voyais une similitude entre nos deux existences, mais ce n'était pas pour autant que je me sentais obligé à son égard, après tout, c'était une inconnue pour moi, je ne savais absolument rien sur elle ni sur son maître. Et dieu sait que j'évitais les embrouilles comme on évite la peste. C'est pour cela que j'avais pour seul but de lui faire passer un message, sans interférer directement dans ses affaires. Car au final, c'était à elle et elle seule de choisir sa voie. Moi, j'allais seulement lui faire part de quelques conseils en tant que quelqu'un ayant un jours été dans sa position.

Ma marche se mit tout doucement à ralentir au moment où la jeune brune avait commencée à se relever afin de me faire face. Je n'essayais pas spécialement de me faufiler dans son dos, alors ça ne devait pas être bien difficile de distinguer le bruit de mes chaussures s'abattant contre le sable. Finalement, après une petite poignée de secondes, mes jambes s'arrêtèrent net au moment où la pêcheuse plantait son javelot de fortune dans le sable en prenant un air qui se voulait menacant. Mon visage, lui, restait ferme alors que la jeune esclave m'interrogeait sur mon identité. Ma bouche restait cloitrée, car rien ne m'obligeait à me présenter à elle. Après tout, ce n'était pas en hurlant mon nom sur tout les toits que j'allais avoir la paix.

Et c'est là, qu'un évènement des plus étranges s'était produit. Ma main droite, qui un instant plus tôt, tenait la lisière de mon sac à dos était instantanément devenue vide. Je ne ressentais plus du tout le poid de mon bagage, ni entre mes doigts, ni au dessus de mon épaule. Et au même moment, mes yeux témoignaient d'un phénoméne similaire se produisant aux côtés de mon interlocutrice. Sa lance de bambou, qui était auparavant plantée dans le sable, venait de se volatiliser dans l'air juste avant qu'elle ne puisse l'empoigner. Confus devant l'étrangeté de la scéne, je tourna lentement mon regard impassible afin d'examiner le sol derrière moi. Pas de sac, pas de trace, rien. Mes bric-à-brac avaient tout simplement disparus.

Exacerbé devant l'inexplicable évènement qui venait de se produire, mon expression devint graduellement grave alors que mes sourcils se fronçaient progressivement. Mes yeux revinrent calmement se poser sur la paume de main pour finalement remarquer que la lisière qui s'y tenait un instant plus tôt s'était elle aussi désagrégée dans l'air. Aucune trace palpable ne s'y trouvait.

«- C'est quoi ce bordel ? » Marmonais-je pour moi-même.

Il fallait dire que ce n'était pas tout les jours que l'on vivait ce genre d'expérience-là. Des objets disparaissant d'entre les mains de leur propriétaire sans qu'ils ne puissent rien faire pour pour empêcher l'instant fatidique d'arriver... Les pillards seraient ravis de mettre la main sur ce genre de technique. Méditant sur ce qui venait de se produire devant mes yeux, deux explications possibles émergèrent dans mon esprit tentant tant bien que mal d'apporter un semblant de rationalité à la scéne.

«- Aucune idée. » Lui répondis-je, indifférent à ses soupçons.

Voyant que la jeune esclave s'avançait de plus en plus dans la plage, je laissa de côté mon raisonnement afin de me concentrer pleinement sur les mouvements de cette dernière. Il était hors de question de la laisser quitter de mon champs de vision. Après tout, rien ne me prouvait qu'elle était étrangère à la disparition de mes affaires. Malgrès son air perdu, je ne pouvais pas négliger l'hypothèse dans laquelle elle était uniquement entrain de jouer la comédie et qu'en vérité c'était elle qui avait orchéstrée tout ce cirque.

Mon corps restait figé sur place, silencieusement, j'inspectais le moindre petit geste émanant de la silhouette bronzée de l'esclave. Après quelques pas, elle semblait être tombée sur quelque chose de similaire à un petit voilier blanc. Je ne pouvais rien distinguer de plus depuis l'endroit où je me situais.

Je renifla l'air dans un grognement en me pinçant l'arête du nez avant de finalement me décider à l'aborder en bonne et dû forme. Mes jambes firent quelques pas longs et rapides dans sa direction. Toujours en mouvement, ma voix s'éleva à son attention sur un ton neutre, mais qui était profondément imprégné par la colére.

«- Bon, ça suffit ! La blague a assez durée. Tu va me rendre mes affaires maintenant ou alors on ne va pas s'entendre tout les deux. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Akali
avatar

Errantia

Messages : 30

Carte d'identité
Magie: /
Palier de Puissance:
1/20  (1/20)
Métier: Ancienne Esclave
MessageSujet: Re: Ma reconnaissance éternelle contre une canne à pêche.   Sam 22 Aoû - 18:15

Je ne comprends plus ce qu'il se passe. Il y a une seconde, ma lance artisanale était à portée de main, juste à côté de moi, plantée dans la sable. Et elle a disparue en un instant, sans que je ne m’aperçoive de rien. Même l'homme en face de moi n'a pas bronché, comme s'il n'avait rien vu de ce qu'il s'est passé... A moins qu'il n'ait un complice ? Il pourrait être un brigand qui s'en prend aux voyageurs qu'il croise, en sympathisant avec eux avant de leur voler leurs effets... Mais comme je n'ai pas grand intérêt pour lui - enfin... Tout dépend de la nature de cet homme - ils n'auraient pas voulus perdre de temps à me détrousser. Cela arrive souvent en dehors des grandes villes, j'ai entendu de nombreux récits de la sorte lorsque j'étais esclave, les hommes parlant beaucoup plus librement lorsqu'ils se retrouvent au lit avec une femme qu'ils ne considère que comme du bétail... Ils ne savent pas que je mémorisais absolument tout ce qu'ils pouvaient me dire et que je m'en suis parfois servie à bon escient...

Prudente donc, je commence à questionner l'autre humain, en le fixant, de mon air le plus farouche qu'il soit. Enfin, je ne sais pas à quoi je ressemble en ce moment mais l'air ne doit pas être bien menaçant... Si j'avais une fiole de poison sur moi les choses seraient différentes, mais je vais devoir me contenter du bluff. Je n'ai même plus un morceau de viande pour me sustenter alors du poison, tu parles... Pendant ce temps, Amon me parle, ses sens aiguisés lui ont permis de sentir quelque chose. Sans quitter des yeux l'inconnu, je commence à le questionner à son tour.

- Quelle genre de présence ? Un autre Eryen ? Ce type a l'air louche...
- Je ne crois pas, c'était... Autre chose. Mais cet homme m'a l'air aussi surpris que toi.

Un peu confuse, je commence à faire le tour de la plage environnante, en gardant l'oeil dans un coin de ma vision. On ne sait jamais, ce n'est pas parce qu'il est peut-être innocent qu'il est tout blanc, bien au contraire. Y'a tout un tas de types louches qui traînent le long des plages, qui y cachent leurs butins...

J'oublie lorsque je mets le pied sur quelque chose qui n'était pas là. Une toile, d'un navire de pêche peut-être, qui traîne au sol, boueuse... Et sur laquelle repose des empreintes familières. Je me penche pour voir un peu ce qu'il en est, lorsque l'homme prend la parole en haussant le ton, me faisant sursauter. Je me retourne aussitôt vers lui, en une posture défensive, peu à l'aise. Je recule d'un pas en le voyant avancer, fronçant les sourcils. Je n'ai pas à reculer devant un homme... Mais d'un autre côté, je ne suis plus armée... Néanmoins, cela doit valoir aussi pour lui. Je ne me laisse donc pas totalement démontée et lui répond, le fixant droit dans les yeux.

- Une blague ? J'avais d'jà pas grand chose, j'ai perdu tout ce que j'avais, te fais pas des idées. Amon m'a dit que t'étais pas suspect et j'veux bien l'croire, mais j'le suis tout autant. Comment j'aurais pu disparaître d'sous tes yeux pour te piquer j'sais pas quoi ?


Dernière édition par Akali le Dim 20 Sep - 5:00, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
PNJ
avatar


Messages : 52
MessageSujet: Re: Ma reconnaissance éternelle contre une canne à pêche.   Dim 30 Aoû - 11:13

Je laissais un soupir s'échapper de mes lèvres, alors que la colère des deux jeunes gens se répercutaient en moi, comme des lames. De douce et délicieuse lame qui m'indiquait que bientôt, j'obtiendrai ce que je voulais. J'avais laissé de beau indice, je me demandais combien de temps, ils leur fraudaient pour comprendre ? Même si je le sais déjà, la nature humaine est querelleuse, j'éprouve une vive lassitude à chaque fois que j'y suis confronter. Pourquoi donc se rejetaient-ils la faute l'un sur l'autre ? C'était évident pourtant que le coupable était un tiers ! Ne pouvaient-ils pas chercher main dans la main, l'auteur du forfait sans directement prendre l'autre comme coupable ? Ils perdaient du temps précieux, juste pour des disputes sans queue ni tête.

Je n'aimais pas cela, je n'aimais pas les conflits entre les gens, je préférais nettement recevoir toute leur haine, leur colère et autres sentiments négatifs. Je me nourrissais presque de ces émotions mais je ne comprenais toujours pas, comment les humains pouvaient interagir entre eux avec autant de hargne ? Est-ce que la nature belliqueuse était propre à cet espèce ? Dans tous les cas, cela m'agaçait et n'aidait en rien mes projets.

Alors, je fis en sorte que le drap qui trempait en partie dans l'eau, se leva et vint recouvrir l'homme et la femme. Dans l'obscurité de la toile et emprisonner par celle-ci, ils n'auraient de choix que de commencer ce jeu de piste !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Amon Raven
avatar

Bellator

Messages : 108

Carte d'identité
Magie: Feu.
Palier de Puissance:
4/20  (4/20)
Métier: Employé au Renard Peinard.
MessageSujet: Re: Ma reconnaissance éternelle contre une canne à pêche.   Jeu 3 Sep - 18:20

Marchant à vive à l'allure dans la direction de la jeune esclave, je fini après quelque instants par attérir à quelques pas d'elle. Mais, qu'était-elle entrain de faire ? Les sourcils fronçés, le regard défiant, la posture en garde... Elle voulait se battre ? Du moins, c'était l'impression qu'elle me laissait. Mais alors, pourquoi ais-je autant envie de rire en voyant cette scéne ?

Une expression intrigué vint prendre place sur mon visage. Remplaçant par la même occasion mon regard agressif. Ce n'était pas bien dur de réprimer le sourire qui commençait à s'afficher sur mes lévres, mais c'était une autre histoire pour ce qui était de la pincée de confusion qui s'était installé dans mon regard. Sérieusement, comment est-ce que je pourrais m'acharner sur elle quand elle fait ça ?

Lentement, et sans me faire trahir par mon irrésistible envie de rire un bon coup, je baisse légèrement la tête en direction de la toile blanche qui gisait à mes pieds. Des traces de boue y étaient déssinées. Sans y prêter plus d'attention que cela, je redirigea à nouveau mon attention sur la jeune métisse. Sa réponse laissait un peu à désirer, mais après tout à quoi est-ce que je m'attendais ? En admettant qu'elle soit innocente, il lui était impossible de se blanchir de toute suspicion sans retrouver le vréritable coupable. Ce qui était irréalisable en le moment.

Outre cela, un nom que je connaissais très bien venait d'être employé par ma locutrice. Amon. La première réflexion que j'eu fut qu'elle parlait de son animal-totem. Après tout, à qui d'autre aurrait-elle pu adresserla parole entre l'instant où elle m'a vu et maintenant ?

*Un instant...*

Son animal-totem lui a prouvé mon innocence ? ...Pourquoi est-ce que le mien n'a pas fait la même chose ?

“ C'est de moi que tu parle, là ? ”

“ ... ”

Non mais de quoi je me mêle. Puis, comment il sait que je pense à lui ?

“ Je suis dans ta tête, je te rappelle. Et pour ta gouverne, moi aussi je peux innoncenter la petite dame. Après tout... Après tout, elle... Euh... ”

“ La ferme ! Laisse-moi réfléchir ou je te transforme en chiche kebab. ”

“ ... ”

Bon, revenons à nos moutons. Une esclave. Un animal-totem, des disparition d'objets et... Un voile ? Je ne vois pas en quoi ça peut être lié à cette affaire. Sûrement le hasard. Tout comme c'est un hasard que mon prénom soit identique à celui de l'animal-totem de cette jeune femme... Non. Je ne crois pas au hasard. Ni au destin. Il y a anguille sous roche.

« Change-toi. »

Deux mots, lâchés sur un ton ferme. Le regard immuable. C'était ma réponse à la question qui venait de m'être posée.

« Le seul moyen à ma connaissance pour faire ce genre de chose, c'est de te transformer en ton animal-totem. Alors, change-toi. Prouve-moi que tu n'est pas la coupable. Ce n'est qu'après qu'on pourra discuter. »

Le seul ? Non. Mais, c'était bien le plus plausible des deux explications que mon esprit avait su trouver. Après tout, il existait bien des animaux-totem cappable de se camoufler, se téléporter et de paralyser leur cible. Autant de moyen pour dérober des objets à leur propriétaire sans qu'ils ne puissent s'en rendre compte. Mais, si elle en était cappable, cela voudrait sûrement dire qu'elle est une bien plus puissante mage que je ne le suis...

“ Puisque je te dis qu'elle est innocente. Rooh ! On écoute jamais le corbeau. ”

Si elle se changait en un énorme monstre cappable de m'achever en un seul coup, au moins, je serais fixé sur la question. Seulement, le cas contraire était beaucoup plus compliqué que cela. Après tout, même si ce n'était pas grace à sa transformation qu'elle parvenait à ses fins, elle pouvait toujours y arriver autrement.

Sans oublier que sa coopération n'était pas acquise. Si mon hypothése était vraie, il sera sûrement très difficile de la convaincre de me montrer la forme d'Amon. Voire impossible.

« Hum ? »

Un mouvement au coin de mon champs de vision venait d'attirer mon attention. Un objet blanc qui se relévait soudainement, se jetait sur moi, puis s'enroulait rapidement autour de mon corp. C'était le voilier.

« C'est quoi ce bordel, encore ? »

Sans perdre un seul instant, je déplaça ma main de façon à se que je me libére de son emprise. Près à employer plus de force si nécessaire. Même en étant plongé dans le noir, il m'était impensable de rester là à me laisser faire.

« Où est-ce que tu est passée ? » Lachais-je à l'attention de la jeune femme..
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Akali
avatar

Errantia

Messages : 30

Carte d'identité
Magie: /
Palier de Puissance:
1/20  (1/20)
Métier: Ancienne Esclave
MessageSujet: Re: Ma reconnaissance éternelle contre une canne à pêche.   Dim 20 Sep - 6:08

Nous nous faisons désormais face, à seulement quelques centimètres l'un de l'autre, car j'ai arrêté de reculer lorsque j'ai senti mes pieds nus se poser sur la toile, n'ayant gère envie de glisser et de me vautrer devant cet inconnu. Il pourrait profiter de ce moment de faiblesse et faire ce que bon lui chante ; surtout que je ne sais pas quel est la forme de son animal-totem, il pourrait s'agir d'une créature dangereuse au bord de la mer et je n'ai guère envie de le savoir. De plus, cet homme est plus âgé que moi, c'est évident, il doit avoir une meilleure maîtrise de la magie qu'une esclave en fuite qui ne possède pas le moindre matériel pour se défendre... Foutu voleur, lorsque j'aurais retrouvé ma dague je m'en servirais pour lui sortir les tripes à l'air. Ou je l'empoisonnerais à petit feu si je ne m'en sens pas capable, je n'ai jamais fait ça avant après tout, puisque je n'ai quasiment jamais eu accès à des armes blanches... Je me demande quelle sensation cela fait. Est-ce similaire à ce que je ressens lorsque mes crocs se referment sur une proie ?

Dans tous les cas, je n'aime pas la manière qu'il a de me fixer. J'ai la désagréable impression qu'il se moque de moi et si il y a bien une chose que je ne supporte pas, c'est ça. Pour qui il se prend celui-là ? Je réfléchis à un pic bien acide que je pourrais lui envoyer mais il me devance alors en prenant la parole, me demandant de me changer. Et puis quoi encore ?

- J'suis pas ton chien, j'vois pas pourquoi j'devrais t'obéir. T'as qu'à l'faire aussi.

Moi, agressive ? Tant mieux. Ce n'est pas parce que j'ai la marque des esclaves que je dois m'écraser, ce serait mal me connaître. Je veux lui faire bien comprendre qu'il ne m'aura pas à ce petit jeu et que je ne plierais pas le genou devant lui. Après tout, je me fiche de ce qu'il pourrait penser de moi après ça.

Un événement inopportun survint alors ; la voile près de laquelle nous nous trouvions s'est envolée dans mon dos et nous a brusquement recouvert, entièrement. Je n'ai pas tout de suite compris ce qu'il s'est passé, jusqu'à sentir la matière contre ma peau et la reconnaître. L'homme reprend la parole et je le sens proche, bien plus proche. Il commence à s'énerver et un sourire orne alors mes lèvres.

Fermant les yeux, je me concentre et quitte mon enveloppe Eryenne pour revêtir celle de Amon. Mes sens me permette de me déplacer sans difficulté et, repérant l'homme, je glisse jusqu'à lui et me sers de mon corps musclé pour l'escalader. Je remonte jusqu'à son cou et lui répond d'une voix basse et sifflante.

- Je suis juuste là ~
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Amon Raven
avatar

Bellator

Messages : 108

Carte d'identité
Magie: Feu.
Palier de Puissance:
4/20  (4/20)
Métier: Employé au Renard Peinard.
MessageSujet: Re: Ma reconnaissance éternelle contre une canne à pêche.   Mer 7 Oct - 18:53

La voix belliqueuse de la jeune esclave s'éleva à mon adresse, me montrant clairement à quel point elle pouvait s'obstiner à prendre le contre-pied de ma demande. Rien d'inattendu, en somme. Je m'attendais déjà à recevoir ce genre de réponse de sa part au vu de ses interactions avec moi depuis le moment où nos yeux se sont croisés. Sa réaction ne voulait pas pour autant dire qu'elle était coupable de quoique ce soit.  Après tout, qu'elle soit la responsable du vol de mon sac ou une autre victime de ce dernier, les chances pour qu'elle suive mes ordres à la lettre juste parce que je le lui avait demandé étaient quasiment nulles.

Mais sa réponse n'était pas dénuée de révélation sur sa personne pour autant. Dans ses parôles, elle avait laissée ressortir un petit détail concernant sa personnalité qui risquait de se révéler être très utile pour la compréhension de son mode de pensée.

*Eh bien dis donc, elle est têtue, celle-là.*

Puis vint le second élément abracadabrant de la journée. Le voilier qui était jusque-là applatit contre le sol, avait su trouver son chemin jusque par-dessus de ma tête. Le vent était une hypothèse très peu probable au vu de la soudainetée du phénomène.

Machinalement, j'envoya mon bras de sorte à dégager le bout de tissu sur le côté au plus vite dans le but de recouvrer la vue avant de perdre mon interlocutrice des yeux. Guidé par les mouvements hâtives de mon bras, le voile blanc partait se poser rapidement sur le côté. En ce moment exacte, je ressentis des mouvements agiles longeant mon corps de bout en bout, débutant à partir de mes jambes et s'achevant à mon cou. Ce n'est qu'au moment où mon champ de vision avait été entièrement reconquit que je pus en distinguer la source. Un serpent. Instinctivement, ma main partit empoigner sa tête. La seule chose qui me taraudait l'esprit en cet instant était d'éviter que ses crocs ne se plantent dans ma peau.

Après, j'avais encore le temps pour réagir à ses probables représailles. Tant que j'évitais de recevoir une injection de poison, le reste n'était que secondaire. Même mon cou qui était éperdument à sa merci pouvait bien attendre le temps que je partage avec elle mon point de vue des choses.

« Alors, on a changé d'avis ? C'est bien aimable à toi. »

Mon ton sarcastique n'était là que pour la provoquer. La mettre en rogne m'était bien plus avantageux que de la voir là, à calmement calculer son coup et à chercher un moyen pour se libérer de mon emprise et me mordre. J'avais bien conscience des risques que j'encourais en optant pour l'agressivité. Surtout que ma gorge était toujours aussi peu protégée. Seulement, l'inactivité n'était pas un choix acceptable. Rester à sa merci ne l'était pas non plus. Dans ma tête, je commençais déjà à mettre au point une stratégie de combat. Tout d'abord, j'allais commencer par revétir l'allure de Tobi, et cela dès l'instant où sa queue allait se resserer sur mon cou.

Le corbeau contre le serpent. Je n'avais jamais utilisé mon animal-totem pour autre chose que me déplacer ou pour passer inaperçu. Mais, si on devait en arriver là, alors j'étais prêt à en découdre avec elle. Oeil pour oeil, dent pour dent.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
PNJ
avatar


Messages : 52
MessageSujet: Re: Ma reconnaissance éternelle contre une canne à pêche.   Jeu 29 Oct - 20:58

Je n'aime décidément pas la tournure que prend les événements. Je ne souhaitais pas les retourner l'un contre l'autre mais plutôt les unir pour qu'ils cherchent à résoudre l'énigme que je leur ai posé... Enfin, question de point de vue. Au lieu de ça, les voilà prêts à se battre, sous leur forme animale, et la tension est palpable. Je me dois d'agir afin de calmer le jeu ou, tout du moins, les distraire un instant de leur querelle pour les remettre sur le droit chemin. Il va falloir que j'improvise, mais je commence à m'y connaître dans ce petit jeu. L'idée me vient et je m'éclipse rapidement pour ne pas laisser la situation s'envenimer davantage...

La voilà mon idée. Un gros poisson encore vivant tombe aux pieds des deux animaux totems prêts à se jeter l'un sur l'autre et se met à frétiller sur le sable, imposant, son sang coulant en un filet léger sur le sol, les écailles de l'animal étant transpercées par un gros hameçon.

Voilà de quoi calmer leurs ardeurs, du moins je l'espère.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Akali
avatar

Errantia

Messages : 30

Carte d'identité
Magie: /
Palier de Puissance:
1/20  (1/20)
Métier: Ancienne Esclave
MessageSujet: Re: Ma reconnaissance éternelle contre une canne à pêche.   Dim 8 Nov - 11:50

Un frisson parcourt mon corps longiligne lorsque je revêt l'apparence reptilienne de Amon, comme à chaque fois. Partager mon esprit avec celui de l'esprit chaque jours n'est pas toujours simple mais prendre aussi la même apparence que lui est encore plus déroutant... Fort heureusement, je garde le contrôle sur nos mouvements mais je le sens proche, à mes côtés comme jamais, et je me méfie de ce qu'il peut alors dire voire tenter de me faire face... Il est sournois et froid comme l'acier, bien plus que je ne le suis... Enfin, tout du moins c'est ce que je pense. Mais je mets tout cela de côté et fais preuve cette fois de taquinerie en me servant de ce corps musclé de toutes parts pour remonter le long de celui de l'humain, glissant contre sa peau et ses vêtements sans la moindre gêne, me créant un chemin jusqu'à son cou. Je laisse délibérément mes écailles autour de son cou pour lui donner cette inquiétante sensation qu'il ne me suffirait que de serrer un peu pour l'étrangler... Ça a souvent son petit effet, mais tout dépend de la personne en face, de ses capacités et de son niveau intellectuel... Mais bon, dans tous les cas, ça m'amuse.

A peine ai-je le temps de parler qu'une main m'attrape la tête. Instinctivement, je siffle et montre mes crocs empoisonnés, sans pouvoir déployer mon capuchon, bloqué par l'humain. Toujours par instinct, mes anneaux se mettent à serrer la peau délicate de son cou, m'agrippant à lui sans cesser de siffler, en colère.

- Tu vas payer pour ça...

Je serre mon corps contre sa peau pour lui donner un avant-goût de mes capacités lorsque, au bout de quelques instants, je me retrouve dans une situation très différente : plus de cou à enserrer, plus de main pour me retenir et plus de corps auquel me tenir... Je tombe d'un coup sur le sol, me réceptionnant sans difficultés sur le sable, souple. Je me redresse aussitôt de 3/4, déploie mon capuchon et crache de plus belle. Dommage que je ne sois pas capable de cracher mon venin et que je sois obligée de mettre pour le déverser dans le corps de mes victimes... Face à moi se trouve désormais un piaf au plumage noir ; certainement un corbeau. Mmh, les oiseaux peuvent être dangereux, leur agilité est un problème, par contre ils sont fragiles... Une morsure suffirait à le mettre à terre...

La tension parcoure tout mon corps pendant que je le fixe, attentive au moindre de ses mouvements... Je fais un bond en arrière lorsqu'une masse non identifiée tombe violemment entre nous et je me redresse de plus belle en sifflant de colère face à cette apparition.

La chose se met à rebondir sur le sable et en la regardant de plus près j'identifie un poisson, encore vivant, qui frétille. L'odeur du sang m'envahit très vite et je me rapproche avec curiosité, remarquant bien vite le bout de métal planté dans sa chair. Je tourne la tête vers l'eau, à une certaines distances de nous.

- Comment ce truc est arrivé là ?

La colère s'évanouit alors que je me dis qu'on est en train de sacrément se moquer de nous.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Amon Raven
avatar

Bellator

Messages : 108

Carte d'identité
Magie: Feu.
Palier de Puissance:
4/20  (4/20)
Métier: Employé au Renard Peinard.
MessageSujet: Re: Ma reconnaissance éternelle contre une canne à pêche.   Mer 11 Nov - 18:41

Mon corps était devenu plus légers, mais aussi plus fragile. Mes ailes battaient à intervalle régulier, à une distance modérée de ma proie. Cette femme était dangereuse, du moins son satané serpent l'était. Ah ! Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas eu la chance de me déchainer. Je sentais que ce futur combat allait me faire beaucoups de bien.

Je laissais ma soif de sang refaire surface tandis que mon regard guettait la moindre ouverture dans la posture de mon ennemi. Sa queue semblait être un bon point d'acroche, si je parvennais à la tenir et à la faire voler suffisament haut à partir de ce point-là, alors elle sera entièrement à la merci de mes griffes. Les risques de me faire mordre lors de cet exercice n'étaient pas nulles, mais elles étaient déjà bien moindre comparé à auparavant.

Mes yeux, naturellement ambrés, commençaient lentement à rougir sous l'effet de la rage. Je devais me mettre dans le bon état d'esprit afin de la combattre sans avoir à me soucier de mon bien être. Me vider l'esprit, ne plus voir que le reptile et rien d'autre que le reptile.

...Et le poisson.

Un croassant m'échappa sous la surprise. Léger, mais audible. Les évènements farfelus continuaient à surgire les uns après les autres. Et le pire, c'est que j'étais là, à perdre mon temps dans un combat futile au lieu de partir à la recherche des clés de l'auberge de Gallwynn.

« Bordel. »

Un juron m'échappa. Mes côtés humain comme bestiale, étaient tout deux en rogne. Mais, je ne savais pas contre qui je devais retourner cette furie. La femme ? Le poisson ? Le voilier ?

Je finis par me décider à reprendre ma forme originelle, et à poser les pied à terre. Bien assez loin de la vipère pour qu'elle ne puisse pas m'atteindre en un seul saut. Je serra ma poigne en silence, puis posa mon regard sur la créature marine qui continuait toujours à geindre à mes pieds. Je m'accroupissais lentement à ses côtés, puis d'un mouvement sec, je l'acheva. Pauvre bête.

J'ignorais le sang qui coulait entre mes doigts afin de porter la poiscaille en l'air, bien à l'évidence devant les yeux de la vipère.

« C'est quoi, ça ? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
PNJ
avatar


Messages : 52
MessageSujet: Re: Ma reconnaissance éternelle contre une canne à pêche.   Dim 29 Nov - 11:03

Comme prévu, ma petite stratégie a marché ; j'ai détourné leur attention de ce potentiel combat, qui ne m'arrangeait pas. Ils doivent être concentrés sur le double vol que je viens de commettre et non pas se battre ! Ces Eryens, décidément, ce sont tous les mêmes : ils ne pensent qu'à se bagarrer en se servant de leur magie, en en abusant même, sans penser au reste. Je vais leur mettre un peu de plomb dans la tête moi ! Il faut juste que je les distraient suffisamment longtemps pour que la suite de mon plan se mette en marche... Normalement, les choses ne devraient plus tarder, c'est que j'ai un bon sens du timing !

- Hey, vous là !

Un homme est apparut par le chemin menant à la plage, suivit d'un cheval tirant une petite calèche. Il porte une tenue simple, typique d'un pêcheur, et son matériel de pêche est tiré par l'animal. Il s'approche des deux Eryens - qui ont repris leur apparence normale - et s'arrête finalement pour attraper le poisson qui est tombé entre eux.

- Mon poisson ! C'est vous qui m'avez piqué mes prises ? J'en ai retrouvé jusqu'ici ! Visiblement, l'étrangeté de la situation adoucit la colère qui l'étreignait. Je reconnaîtrais mes hameçons entre mille ! Qu'est-ce qui s'est passé ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: Ma reconnaissance éternelle contre une canne à pêche.   

Revenir en haut Aller en bas
 
Ma reconnaissance éternelle contre une canne à pêche.
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant
 Sujets similaires
-
» Sam ღ La vie est une lutte éternelle contre soi-même.
» Tactique gobelins contre nains
» Lutte contre le deboisement: Une victime de plus des anti-nationaux
» ET LA VERITE SORT DU PUIT/SOU MENSONGE DANS GNB CONTRE ATTILA
» Comment mener la lutte contre la corruption en Haïti ?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Novam Vitam :: LES BAS FONDS :: Corbeille :: RP-