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 Davis ~ la sentence du juge

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Hassan Aliven*
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MessageSujet: Davis ~ la sentence du juge   Mar 22 Mar - 22:27

Davis. Ce nom aux allures simplets appartient en verité à une grande famille de marchands versée depuis maintenant plusieurs générations dans l'exercice retors qu'est l'import et l'export de marchandise en tout genre. Durant la régence de mon père, Pilgrim, la richesse des Davis avait su captiver l'attention de la haute cours et d'habillement en user afin de changer «attention» en «faveur». En très peu de temps, les Davis s'étaient vu attribués un titre de noblesse, ainsi qu'un petit bout de terre situé aux abords de la capital des Magia. Et, plus important encore, ils s'étaient vu attribués tout les droits et privilèges qui étaient réservés à leur nouvelle classe sociale.

S'étant élevé jusqu'à des hauteurs insoupsonnables pour les roturiers qu'ils étaient auparavant, les Davis ne s'étaient pas pour autant reposés sur leurs lauriers. Au contraire même, d'un point de vue général, on pouvait dire que leur anoblissement était une sorte d'ouverture qui leur permettait d'élargir d'avantage leurs affaires, ainsi que de les diversifier. Leurs griffes commençaient petit à petit s'enraciner dans le circuit économique de la capital. Ils étaient encore très loin du préstige qui revenait à leurs paires, mais nul doute qu'aucun d'eux ne saurait remettre en question leur expertise et leur honnêteté dans le domaine de l'argent.

Du moins, c'était cette description-ci qu'on me faisait de leur famille lorsque j'interrogeais les marchands de la ville à leur sujet. Et je n'aurais certainement pas remis en question leur parole si je n'avais pas moi-même témoigné d'une des arnaques montée par ces roublards de Davis lors d'une de mes escapades nocturnes. Suite à une petite enquête en solitaire, j'avais pu apprendre certaines choses inavouables sur le compte de cette jeune famille marchande. En effet, il semblerait que leurs «investissements» tourne surtout autour de l'extorsion, puis à la revente des petits commerces des bas quartiers à l'insus de leur propriétaire.

Le plus étonnant dans cette histoire était le fait que les victimes de ces injustices n'étaient jamais venu solliciter de l'aide auprès des autorités locales. Laissant ainsi croire que leurs pertes étaient simplement dû à leur faillite. Et j'avais bien failli passer à côté de cette partie-là de l'histoire si je n'avais pas pris la peine de menacer de mort le vieil homme qui s'était fait éjecté hors de son établissement par les hommes de mains des Davis devant mes yeux. Des menaces vides de sens bien sûr, mais qui avait su porter leurs fruits.

La vivacité avec laquelle cet homme tenait tant à ne rien me révéler au sujet de l'arnaque dont il avait été victime était quelque chose d'incroyable. C'était comme si sa vie était en jeu, ce qui en quelque sorte était le cas. D'après ses mots, sa fille, Lisa, serait détenue en tant qu'esclave dans la maison des Davis et qu'ils menaçaient de la tuer au moindre faux pas de sa part. Ce qui expliquait son silence, et par analogie, celle de tout les autres. Ces aberrations dont il me contait les détails me firent grincer des dents, mais bien vite, mon dégout se changea en petit sourire malicieux. A en croire ce vieil homme, ce n'était pas la première fois que les Davis s'adonnaient à ce genre d'activité illicite, et que dans son entourage, il y avait plus d'une personne a avoir été mise dans ce genre de situation par leur faute. Ce qui était horrible, bien évidemment, mais qui néanmoins, présageait bonne augure quant aux chances de pouvoir mettre la main sur des traces écrites de leurs méfaits. Après tout, ils devaient bien garder quelque part les titres de propriétés des établissements qu'ils n'avaient pas encore eu le temps de vendre. Des documents capable de relier leur nom à leurs crimes, du moins c'était ce que j'espérais.

C'est donc dans l'optique de mettre la main sur ces papiers-là avant qu'ils ne puissent s'en débarasser que je décidais de laisser de côté les formalités et de partir les récupérer en personne. Après tout, vu les liens qu'ils partageaient avec les nobles de la cours royale, ça ne m'étonnerais pas vraiment que quelqu'un les prévienne de l'arrivé d'une inspection surprise si jamais je venais à y recourir. Alors, il vallait mieux oublier cette idée.

Mon opération était plus simple, plus spontanée. C'était plus risqué aussi, mais ce ne l'était pas plus pour moi que pour ceux qui se faisaient menacer par ces pouritures. J'aurais aimé avoir les connaissances requises pour pouvoir entreprendre ce genre de mission en solitaire. Mais, ce n'était tout simplement pas réalisable. Seul, je risquais de passer à côté de cachettes évidentes pour ce genre de documents illicites, ou pire encore, je risquais de ne pas les reconnaitre en les voyants. Après tout, les titres et documents officiels n'étaient pas mon domaine de prédilection. Mais heureusement, je connaissais quelqu'un qui répondait parfaitement au profil dont j'avais besoin.

Un spécialiste des documents en tout genre et qui acceptera probablement de mener à bien cette tâche à mes côtés : Bara Jord, mon ami d'enfance. On ne se croisait plus aussi souvent maintenant que j'étais devenu le dirigeant de la maison. Mais, Bara avait toujours été un de mes amis les plus proches, alors je savais que je pouvais avoir une confiance aveugle en lui. Je pouvais donc au moins compter sur sa discrétion sur le sujet, si ce n'est sa coopération.

C'est donc d'un pas confiant que je franchissais la porte d'entrée de la gigantesque bibliothéque de l'université des érudits. Encapuchonné par un vieux bout de tissus jaune qui me permettait de cacher mes traits faciaux, je m'avançais à pas de loup au sein de l'imposant édifice du savoir jusqu'à me retrouver en face du comptoire en bois... Qui était à priori vide. Une grimace exprimant impatience et irritation commençait lentement à se dessiner derrière mon voile ambré.

« Où est-ce qu'il est encore passé, celui-là ? » Marmonais-je pour moi-même.
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Bara Jord
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MessageSujet: Re: Davis ~ la sentence du juge   Mer 23 Mar - 21:50


Bara grogna lorsque Luft mit fin à leur conversation nocturne afin de le forcer à se réveiller. Il haïssait du plus profond de son être lorsque cette enflure faisait ça… Une coupure brutale qui, deux fois sur trois, forçait l’Eryen à sortir de son sommeil pour reprendre pied avec le monde réel. D’une façon fort peu délicate. Lui pour qui le repos était quelque chose de sacré, autant dire que ça s’apparentait à de la torture. Et à de la provocation aussi, puisque s’en suivait généralement de longues minutes durant lesquelles Bara se contentait d’insulter son Totem de tous les noms, tandis que ce dernier lui expliquait très calmement que c’était pour lui qu’il faisait ça, et qu’il avait beaucoup de choses à faire aujourd’hui alors autant s’y mettre directement et le plus tôt possible, et blablabla et blablabla. Un discours typique, en somme, puisque si les deux cohabitaient plutôt bien de manière générale, leurs avis divergeaient grandement sur certains points… la question d’efficacité en particulier. En effet, le faucon était bien loin de supporter la propension de son hôte à ne rien faire ou y aller à son rythme, là où lui-même ne supportait pas le ton moralisateur que pouvait avoir son animal dans ces moments-là. Ce qui promettait généralement de grands moments d’engueulade. Bon. On s’y faisait.

Et maintenant qu’il était éveillé avec une voix dans sa tête qui ne cesserait de le sermonner tant qu’il ne se serait pas remis sur pieds, impossible de se rendormir il le savait, alors autant se plier aux désirs de Luft.
Une pression sur son bras l’empêcha cependant de se déplacer, et une vive douleur à la tête ne tarda pas à lui expliquer plus précisément ce à quoi cela pouvait bien être dû. Pour ne pas changer de ses petites habitudes, il avait fini la soirée totalement imbibé d’alcool et était reparti avec une inconnue au bras. Il sentit une vague de désapprobation à ce souvenir. Oh ça va, fous-moi la paix j’ai bien le droit de m’amuser un peu… c’est pas parce que tu crois au Grand Amour Unique que c’est l’cas de tout l’monde.
Péniblement, presque aveuglé par la luminosité qui inondait la chambre, Bara parvint à faire un rapide état des lieux. Il n’avait effectivement pas la moindre idée de qui pouvait bien être la femme à ses côtés (voilà qui aurait été suffisant pour donner un ulcère à ses parents s’ils avaient été au courant des aspects les plus sombres de son train de vie) et étant donné la disposition de la pièce qui lui était parfaitement inconnue c’était visiblement chez elle qu’il devait se trouver. Et merde. Ne lui restait plus qu’à espérer qu’elle ne loge pas très loin de l’Université. Bien sûr, les étudiants étaient habitués à ce que ses horaires d’ouverture ne soient pas très réguliers et s’en contentaient tout particulièrement lorsque cela signifiait qu’il resterait plus longtemps après l'heure officielle de fermeture, mais bon. Ça ne restait pas toujours l’idéal. Et il en avait un qui ne cesserait pas de râler dans sa tête tant qu’il ne serait pas levé.

Un énième grognement, et il se tira tant bien que mal du lit pourtant confortable dans lequel il s’était trouvé, récupéra ses affaires éparpillées un peu partout puis rejoignit les rues déjà bien animées de Tyr. Il porta presque immédiatement une cigarette à ses lèvres et prit la direction de son lieu de travail, qui n’était pas si loin que ça finalement, observant sur son trajet le fourmillement hypnotique de la ville. Il y était familier pourtant, depuis le temps qu’il l’arpentait en long en large et en travers mais ça, ça ne changeait pas ; il était fasciné par cette vie qui animait sans cesse les lieux.

Arrivé devant la porte close de la bibliothèque il retrouva deux élèves visiblement déjà en train de l’attendre –dont l’un deux, qu’il n’avait encore presque jamais vu, lui décocha un regard noir à cause de la cigarette qu’il fumait en toute impunité. Il se contenta de lui répondre par un air provocateur puis ouvrit les portes du Gardien du Savoir, comme il aimait appeler la bibliothèque. Sans s'occuper des jeunes gens qui le précédait, il se rendit à son bureau en bois où il écrasa son mégot dans le cendrier (étonnamment vide lorsqu'on était au courant de sa consommation excessive) puis s'affala sur le siège, observant d'un air blasé le monticule de feuilles et dossiers qu'il lui fallait remplir. Sans doute la partie du travail qu'il haïssait le plus, se débrouillant toujours pour la reléguer à plus tard. Mais plus tard se devrait être maintenant, car il savait que la date limite de traitement de certains d'entre eux se rapprochait dangereusement. Un inventaire à faire, des livres à trier, d'autres à ranger... quelques demandes d'élèves pour des exemplaires que lui seul savait trouver au milieu des énormes dédales de rangements. Il commencerait par ça, de loin la tâche la moins fastidieuse.

Il se redressa, saisit au passage la feuille de notes et quelques ouvrages à ranger sur le chemin (autant faire d'une pierre deux coups) et alla s'engouffrer dans les profondeurs de la bibliothèque. Pas étonnant que ceux qui n'étaient pas aussi habitués que lui à s'y déplacer ne soient pas toujours en mesure de s'y retrouver quand on était témoin de son immensité et du nombres d'oeuvres en tous genres qu'elle renfermait...
Une bonne dizaine de minutes plus tard, il avait enfin mis la main sur tout ce qu'on lui avait demandé, si ce n'était pour un qu'il lui faudrait chercher du côté des retours. Les bras chargés d'une pile importante de livres, il retourna presque à l'aveugle jusqu'à son bureau -ne prêtant attention aux personnes sur son chemin que comme de potentiels obstacles. C'est pourquoi il ne prêta pas grande attention à la silhouette encapuchonnée devant lui avant de d'être soulagé de son fardeau. Toujours sans lui prêter la moindre attention visible, à moitié caché derrière les livres, il lui demanda :

"Il te faut quoi à toi ?"

Ce ne fut finalement qu'après avoir retrouvé le papier qu'il cherchait qu'il redressa la tête et... ne put camoufler une agréable surprise.

"Bah merde alors, si j'avais su j'aurais mis des vêtements propres, t'aurais pu me prévenir de ta visite !"

Un grand sourire étira ses lèvres tandis qu'il saluait à sa manière son ami d'enfance. Pour lui parler ainsi il méritait certainement les pires sévices, mais il ne s'était jamais gêné avec lui alors il ne comptait pas changer la donne sous prétexte qu'il était désormais dirigeant des Magia.
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Hassan Aliven*
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MessageSujet: Re: Davis ~ la sentence du juge   Mar 3 Mai - 21:30

Contrairement à ce que je croyais, l'absence de Bara au comptoir d'accueil n'était pas due à une fugue de sa part. Non, à priori, il était seulement parti faire son travail au fond de la bibliothèque, rien d'anormal vu que c'était son métier de le faire. Seulement, je ne pu m'empêcher d'emettre un petit rire narquois en l'entendant me demander si j'avais besoin de quelque chose.

« Haha. Ce métier te va bien, Bara. »

Le sourire chaleureux qui se dessinait sur le visage du roux au moment où il m'avait reconnu, ne faillit pas à me réchauffer le coeur. Son ton familier ainsi que ses mots qui se voulaient à la fois respectueux et amical, tout en étant carrément à l'opposé de son caractère désinvolte ne manquèrent pas non plus à me rendre nostalgique. Cela me rappelait la manie qu'avait mon ami d'enfance à rendre insolite, les évidences même de ma vie quotidienne.

« Allons, tu ne vas pas me dire que tu as commencé à t'en faire pour le regard des autres. Ça ne te ressemble pas, Bara ! »

Je continue à afficher mon petit sourire amusé, profitant de ces quelques secondes de répit afin de détailler l'environnement dans lequel vivait mon ami d'enfance depuis le moment où on s'était quitté. L'Université des Erudits. Toujours aussi gigantesque et imposante que par le passé. Cela me donnerait presque envie de retourner à cette douce époque durant laquelle je passais mes jours entiers à dévorer les livres de leur bibliothèque. Mais, je savais bien que maintenant, je n'avais plus vraiment de temps pour ce genre de passe-temps. Mes obligations ne me le permettaient plus.

Lentement, je tirais vers l'avant mon petit voile ambré avant d'adresser une nouvelle fois la parole au roux.

« Et puis, tu vois bien que ce n'est pas le genre d'évènement qu'on prévoit à l'avance. »

Je devais trouver le bon moment pour lui expliquer la raison de ma venu ici. Mais, pour le moment, je me voyais mal lui jeter ça sur le visage juste comme ça. Mon affaire était d'une importance capital, mais personne n'allait mourir pour autant si je décidais d'avoir une petite discussion avec mon ami d'enfance. Du moins, c'était ce que j'espérais.
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