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 Le Thé Jaune

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Adrien Wygaard
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Dirigeant Alchiminae

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MessageSujet: Le Thé Jaune   Ven 21 Oct - 18:05

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Ma douce, laisse-moi te conter une nouvelle rencontre. Elle promet d'être des plus intéressantes, je pense à cultiver cette relation professionnelle. Elle promet d'être des plus utiles dans le futur, si je fais bien attention.
Tout commence par une demande de me dernière recrue...


- J'ai besoin de fournitures. Tes empoisonnements successifs détruisent mes stocks avant même que je ne les range.

Elle m'a très vite tutoyer. Me sauver est sans doute un privilège qui rapproche. Elle reste cependant dangereuse donc je fais attention à ne pas trop blesser son ego.
- Fais-donc une liste.
- Change de fournisseur ou tu auras très vite des problèmes. Ton secret sera dévoilé et tu seras jugé en tant qu'empoisonneur malgré ta position.
- Cela doit faire tristement écho à ton passé.
- Je n'ai plus de passé. Mais tu es à même de voir l'importance de mon conseil.
- L'ironie ne te frappe t'elle pas ?
Elle ne ment pas quand elle dit qu'elle n'a plus de passé. Nous l'avons supprimé. Sa première vie n'existe plus, j'ai fait en sorte que cela se produise. Je l'ai renommée, lui ai offert la vie et un objectif : je meurs, elle meurt.

Elle revient avec une liste. Estragon est là et la surveille jalousement. Il aimerait avoir un lien aussi privilégié avec moi. Mais je ne peux pas répondre par l'amour paternel à chacun de mes bien-aimés esclaves. Ils ont chacun leur fonction et mon devoir envers eux est de s'assurer qu'ils seront toujours dans la capacité physique et mentale pour l'occuper.
- Je n'ai sans doute pas à te rappeler que ta liste a intérêt à être cryptée.
Elle souffle d'exaspération. J'insulte son intelligence par cette simple remarque. Elle me tend la feuille, assez haut et assez loin pour que je sois obligé de me redresser et de tendre le bras un maximum. Peu m'importe cette bravade puisque je sais qu'elle me respecte trop pour tenter ma colère.
Tu es bien trop bon avec elle ! Je refuse qu'elle traite mon élu de cette façon !
Dois-je te rappeler à toi aussi ta place ? Tu n'es pas un dieu.
Que j'arrête de t'offrir gracieusement mes pouvoirs et tu changeras d'avis.
Qui d'autre peut te voir en rêve si ce n'est moi ?
- Sire, il vous faut faire vite, votre petit-fils a rendez-vous avec vous dans quelques minutes.
L'interruption de mon majordome me rappelle que j'ai encore trop vagabondé dans les méandres des conversation avec mon esprit-totem. Aucun de mes esclaves ne dit mot ni ne me juge, ils sont habitués. Ils savent ma relation avec Raasputyn et n'y voient pas un des sévices du temps.
- Je ferai mieux d'être là quand tu testeras cette herboriste. M'assurer de son niveau.
- Je t'ai offert une nouvelle vie, une vie solitaire. Tes seuls amis sont dans cette pièce. Tu resteras dans ton antichambre pendant cet entretien.
Elle se crispe mais elle se doutait de la réponse. Et avant qu'elle ne recommence notre débat cent fois joué, je continue.
- De cette pièce, tu te rendras bien assez compte de son talent.
Hymenphen arrive avec du thé pour tous mais offusquée, x s'en retourne d'où elle vient.
J'en profite pour regarder cette liste et réfléchir à cette dame que j'attend. Sa réputation commence à se faire tout doucement. Je suis plutôt intrigué par sa manière d'éviter les accusations mais c'est tant mieux. Elle jouera d'autant plus le jeu qu'elle a tout à y perdre.
On toque à la porte et mon petit prince entre, accompagné de sa tutrice de glace.

Je ne vais pas te faire plus longtemps le récit de cette anecdote. Sache que son éducation se fait correctement même si trop lentement à mon goût. J'ai peur de mourir de vieillesse avant qu'il ne soit en âge. Et comme l'a si bien relevé Megatron, cette date butoir s'approche à grand pas, facilitée par tous les poisons que j'ingère.
Enju Hale. Voilà le nom de l'herboriste qui doit me servir de fournisseur. L'ancien est mort de vieillesse, lui aussi. Ne reste donc plus qu'Imotos, Astriga et moi de notre belle époque. Eux aussi continuent à pleurer ta perte. Imotos attend à distance raisonnable que j'ai fini de me recueillir. Mais tu sais, dès que je le rejoins, je vois la trace d'une larme solitaire.

Enju Hale donc. Cette femme est un mystère que je compte entretenir. Je l'ai obligée à rencontrer mon cher espion, Eclasio, sous les traits d'une vieille femme de la Cour. Tu comprends sans doute, comme Enju l'aura compris, que je ne peux pas laisser mes ennemis savoir que je la reçois.
Une fois la rencontre faite et les premières courtoisies échangées, il l'amena à moi par le travers de toutes les longues marches du labyrinthe de passages secrets que seuls quelques élus connaissent.


Je l'attendais depuis plusieurs jours, avec Megatron m'harcelant dès que j'étais seul dans mon bureau. Les stocks qui étaient déjà minces étaient maintenant presque épuisés. J'espère que la demoiselle viendra avec des échantillons car sinon je devrai jeûner pendant plusieurs nouveaux jours.
Tu pourrais toujours prendre mon apparence et partir chasser.
Pour qu'à la première occasion, tu prennes le contrôle et dévoré de pauvres paysans ?
Tu me connais si bien... Mais tu n'auras peut-être pas le choix !

- Ils arrivent, mon bon seigneur.
Il claque violemment des mains et Hymenphen se redresse immédiatement. Elle arrête d'épousseter les lampes de verre et de piquer les plantes en présentoir dans mon bureau. Elle s'essuie les mains et s'en va directement en direction de ses quartiers sans attendre ses ordres.
- Du café cette fois...
- Café pour monseigneur et thé jaune pour l'invitée !
Il m'avait devancé, il me connaît trop bien. Thé jaune pour elle, de mon propre jardin. Aromatique et thérapeutique...

Un coup dans la pierre, un cliquetis de mécanisme et le grincement du bois. Une porte s'ouvre dans le mur, à côté d'une fenêtre. L'épaisseur des carreaux évite que tout invité mal-avisé se rende compte de la largeur inexplicable du mur extérieur.
- Bienvenue ma chère. Prenez place.
Je me suis levé pour l'accueillir. Je lui présente rapidement une chaise en face de mon bureau. Mobilier moderne mais issu du renouveau antique du début de mon règne. Le tissu est de la soie la plus fine et ils ont brodé dessus des motifs d'oiseau mythique aux plumages de toutes les couleurs. Un travail remarquable bien que déjà démodé. Mais je suis du même métal que mon élément et peu importe les aléas du temps, je reste le même. Après la mode est un cycle et elle reviendra à son point de départ très vite.
Elle s'installe et je m'assois à mon tour. La courtoisie est importante, surtout pour affirmer sa supériorité. Je garde le silence car nous nous jaugeons mutuellement, j'en suis sûr. Je ne sais pas trop que penser d'elle, maintenant que je l'ai en face de moi. Elle semble éduquée et fragile mais je sais qu'il ne faut jamais se fier aux apparences. J'aurai du faire plus de recherche sur ce nom qui revenait si souvent dans la bouche de mon empoisonneuse. D'où se connaissent-elles ?
Megatron répète qu'elle se tient informée de la compétition. Il le faut si elle doit te garder en vie.

Le café et le thé arrive. Hymenphen arbore encore ce visage placide montrant qu'elle n'est pas venue au monde pour servir du thé. Mais il vaut mieux cela que de devenir une prostituée donc elle ne fait que porter sa désapprobation sans jamais se plaindre. Je prend ma tasse et la préviens que j'en prendrai une très vite.
Je tends la liste codée à Enju et commence enfin à parler.
- Pouvez-vous me lire cette feuille ?
Un premier test et je suppose, l'un des plus simples. Moi-même comprend une partie de ce qu'il y a d'écrit.
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Enju Hale
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Umbra

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MessageSujet: Re: Le Thé Jaune   Sam 12 Nov - 22:25

▲▼ Drôle d'invitationEn repliant la missive, la jeune femme s’était autorisée une légère moue circonspecte. Grossière erreur.

- Quelque-chose te contrarie ?
- Non.

Brève et concise, la réponse avait été de nature à couper court à toute discussion. Et comme toujours, Ancolie Hale n’avait plus pipé mot. Légèrement impressionnée peut-être par l’audace dont faisait preuve sa fille. Envieuse même… Regrettant de ne pas avoir été capable d’en faire autant lorsqu’elle avait son âge.

Alors l’adolescente s’était levée. Sans attendre, prétextant un manque d’appétit et une visite à faire en ville. Pour l’appétit, c’était vrai. Pour la visite en ville… En quelques sortes. Mais de toute façon elle avait toujours trouvé détestable cette façon d’être jaugée. Cette passivité pathétique…

Elle avait traversé les couloirs en réclamant au passage que Kara la rejoigne dans ses appartements, et elle s’y était cloîtrée. Contrariée.

Elle avait rouvert le billet, et l’avait lu à nouveau. Une invitation. Et pas n’importe quelle invitation… Une invitation émise par le dirigeant des Alchiminae… Rien que ça. Oh elle aurait pu en être flattée. Mais en vérité il n’y avait aucune raison de l’être. Pourquoi se voiler la face ?
Les soirées qu’elle organisait régulièrement étaient réputées, mais de là à susciter l’intérêt de quelqu’un d’aussi important, c’était plus qu’improbable… La famille Hale avait beau faire partie de la haute noblesse, ils ne faisaient pas exactement partie de la cours.

Et la question avait donc été de savoir pourquoi Adrien Wyygard avait pris la peine de la convier chez lui.

- Que comptes-tu faire ?
- Je n’ai pas vraiment le choix…
- C’est vrai.

La prudence et l’instinct de survie les plus primaires recommandaient d’ignorer cette invitation, sans qu’elle sache réellement pourquoi. Et pourtant, Enju avait alors pris la seule décision qu’il y avait à prendre.

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☼ ☼ ☼ ☼



En arrivant au palais du Dirigeant, Kara sur les talons, la jeune femme avait marqué une pause. Comme si elle souhaitait admirer en détail la bâtisse qui se tenait devant elle. En réalité, elle tentait de remettre de l’ordre dans ses idées.

- Tout va bien, Mademoiselle… ?
- Quelle question.

De prime abord agacée, Enju ne pouvait en réalité que remercier l’esclave de son intervention. Au moins, cette dernière lui avait remis les pendules à l’heure.

D’un signe de tête, elle incita Kara à faire savoir leur présence, et lorsque la porte fut ouverte, à les annoncer, elle et les motifs de sa visite. On la conduisit alors dans un dédale de corridores, jusqu’à la porte d’un salon, semble-t-il.

- Kara, où sont tes manières ?

« Deux fois déjà », songea-t-elle en réprimant une furieuse envie de lever les yeux au ciel. Cette gourde ne savait-elle pas se tenir ? Il faudrait la recadrer. Mais il n’était pas temps de penser à ça, et l’esclave avait déjà cessé de promener ses yeux sur tout ce qui l’entourait.

En observant sa maîtresse, Kara se dit qu’elle devait être inquiète. De quoi, elle ne pouvait pas le dire avec exactitude, mais sans avoir l’air de se vanter, elle était pourtant persuadée de réussir à déchiffrer certaines des attitudes d’Enju. Il faut dire qu’elle ne se trouvait jamais loin.

Et finalement la porte s’ouvrit.

Aucun doute en tout cas sur la richesse du propriétaire des lieux. Le mobilier le plus moderne, les tissus les plus fins, Enju ne put qu’apprécier. Malgré le soin qu’elle apportait à la décoration du manoir Hale, et ce, depuis qu’elle avait exigé de s’en occuper elle-même, il n’y avait pas matière à rivaliser.

Fort heureusement, elle ne s’en serait pas remise sinon, la demoiselle était loin de faire tache dans le décors. Des pieds à la tête, aucun détail n’avait été laissé au hasard.

La chevelure blonde relevée en un chignon bas et lâche dont s’échappaient quelques mèches savamment sélectionnées, le visage dépourvu de toute trace de cosmétiques, et une robe de velours vert feuille aux manches longues et évasées, dont le jupon se fendait sur le devant au profit d’une cote dorée. Un simple corset lacé par devant embellissait la taille fine de la jeune femme. Sans motifs. Et sans bijoux superflus.

Le tissus de la robe signifiait à Adrien qu’il avait bien affaire à une noble, alors que sa simplicité indiquait qu’Enju savait où était sa place. Qu’elle avait conscience de lui être inférieure. Le vert, pour l’apparence. Celle d’une herboriste à la notoriété reconnue et montante. Rassurante même en dépit de sa jeunesse et de son apparente fragilité, renforcées toutes deux par l’absence totale de maquillage.

Enju se contenta d’abord d’esquisser une légère révérence. Ni trop marquée, ni trop peu. Elle ne parlerait pas la première, se contentant d’un signe de tête, de reléguer Kara, déjà trop impressionnée à son goût, dans un coin discret du bureau.

- Monseigneur…

Majesté eut été un peu trop pompeux peut-être, ça c’était un bon compromis. Respectueusement, puisqu’il le faut, la demoiselle prend place. Mais aussi respectueuse soit-elle, elle n’hésite pas à soutenir le regard de son interlocuteur. Bien sûr qu’elle le jauge, autant qu’il le fait. Avec peut-être un petit avantage néanmoins.

- Es-tu fixée ?
- Oh que oui…

Aussi puissant soit-il, cet homme attend quelque-chose d’elle. Il n’y avait plus à en douter. C’en était presque amusant. Flatteur même, mais elle n’oubliait pas à qui elle avait affaire, et ce qu’elle risquait, donc. Cet homme n’était pas un enfant de choeur, c’était aussi une certitude.
La porte s’ouvrit à ce moment, laissant entrer cette curieuse domestique qui, visiblement, ne redoutait pas d’afficher sa mauvaise humeur. Enju s’empara de la tasse qui lui était tendue.

- Comme c’est aimable… Peut-être devrais-tu te méfier...
- N’as-tu que des évidences à me signaler ?

D’un geste élégant, la demoiselle souleva la tasse pour en humer l’arôme, comme le ferait tout amateur de thé… Et puis aussi pour y détecter quelque odeur suspecte. Elle reconnaîtrait un poison commun. Puis elle y trempa les lèvres, courtoisie oblige, mais tremper. Uniquement. Enju étant assez clairvoyante pour reconnaître ses propres faiblesses, elle savait qu’elle n’était pas infaillible, même lorsqu’il s’agissait de plantes. Non, elle ne serait pas assez imprudente pour en boire, quoique l’arôme soit riche et agréable.

Ensuite, elle la reposa, tout simplement sur le bureau pour fixer à nouveau l’homme qui, déjà, lui tendait une note dont elle s’empara délicatement.

- Pouvez-vous me lire cette feuille ?

Un seul coup d’oeil suffit pour comprendre. Et à vrai dire, elle ne voyait pas beaucoup d’autres raisons à sa présence ici. La jeune-femme parcourut les lignes un instant, et puis rendit la liste à son propriétaire.

- Il s’agit d’une liste de plantes.

Et pas n’importe quelle liste, d’ailleurs. La sienne. Précisément. Sa dernière commande en date. En réalité, il n’y avait d’ailleurs rien de bien compromettant dans cette commande. Les éléments listés étaient généralement communs à tous les herboristes. Les seules choses réellement intéressantes au final, c’était celles qui n’y figuraient pas.

Un accord entre la jeune noble et son fournisseur. Il y avait la commande publique, et celle qui ne figurerait jamais sur aucun document ou livre de compte. Et elle le payait assez généreusement pour ne pas douter qu’il n’avait sans doute pas remis cette note au premier venu de son plein gré.

- Seriez-vous souffrant ? Demanda-t-elle d’un ton concerné. J’avoue que votre… Invitation m’a surprise Monseigneur… Que puis-je faire pour vous ? Dites-moi… Dois-je envoyer mon accompagnatrice chercher de quoi vous soulager ?

Tout est parfait. L’intonation, la légère tension, comme si elle se sentait réellement concernée… Mais ses yeux ne mentent pas, alors qu’elle fixe Adrien. Le message a été reçu, et assimilé. Maintenant, la question est la suivante : Que lui veut-il, réellement… ?

Dans son coin, Kara ne semble pas avoir compris quoi que ce soit, et sur sa chaise, Enju se redresse. Tout se joue maintenant. L’excitation de la partie qui se prépare se mêlant à l’angoisse légitime de risquer un emprisonnement, elle retient son souffle. Mais rien n’ayant été dit au hasard, elle a d’ors-et-déjà signalé au dirigeant qu’elle n’avait rien emporté qui pourrait la compromettre.
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